Mission Auvergne : la chasse aux fromages

Le weekend du 14 juillet approche à grand pas et Amandine est coincée derrière son stand au marché. Il me faut un plan. Ce serait quand même dommage de ne pas profiter de ce moment pour partir prendre l’air quelque part…

Comme les bonne idées commencent souvent par une obcession alimentaire, je décide d’aller chasser quelques fromages chez les producteurs, c’est un super objectif pour un long weekend ! Je me demande où je vais aller et assez vite je me tourne vers l’Auvergne.
Je ne connais pas du tout cette région, on l’a traversé quelques fois pour aller rendre visite à des copains, mais à part deux ou trois nuit sur les pentes du Puy-de-Dôme je n’ai jamais pris le temps de découvrir.

On part sur ça alors, le Saint Nectaire dans son habitat naturel, le Cantal sauvage et le Salers en liberté, je ne devrait pas avoir de mal à trouver du bon fromage !
Me voilà donc en train d’intérroger Chat-GPT, c’est musclé et, soit dit en passant, il connaît les fermes auvergnates mieux que sa propre famille.
Quelques temps plus tard j’ai un itinéraire de prêt sur Liberty Rider.

Le 12 juillet en fin de matinée me voilà donc parti sur les routes.
Depuis Port Camargue, il faut s’armer de patience : une bonne heure de route avant que le décor commence à respirer la montagne. Une heure à regarder le ciel en se disant que les oiseaux ont décidément une vie plus simple.
Mais je fini par traverser Alès et là tout change. Je me retrouve en quelques minutes dans un décors magnifique, une petite route perdue dans la forêt qui monte petit à petit vers les hauteurs. Je me retrouve à murmurer: « Ça y est, le road trip commence… »

Les orgues de basaltes

Je continue à remonter vers le nord, traversant la Lozère et flirtant avec l’Ardèche pour finalement entrer en Haute-Loire et donc découvrir l’Auvergne.
J’en prends très vite plein la vue, les paysages sont très vastes et ouverts. On voit loin et partout les plaines couvertes de champs de blé doré se jalonnent de ces petites montagnes aux courbe douces.


Depuis Saint-Privat-d’Allier je suis une vallée où le fleuve qui donne son nom au village slalome paisiblement. Pour le coup moi aussi je slalome, les virage s’enchainent et les kilomètres défilent. Déjà plus de 300 dans la journée, mes genoux font des craquements bizarre, il est temps de trouver un coin pour la nuit.
Je décide donc de monter sur les hauteurs et me trouve un coin au milieu des champs. Ici je ne dérangerai personne, il n’y a aucun bruit et la vue est belle. J’ai une vue imprenable sur les averses qui se déversent en contrebas dans la vallée. Une fois encore j’ai le micro climat gagnant.

Je pense que c’est vraiment ces moments là qui rende le bivouac si particulier.

Le lendemain matin un petit café devant un magnifique levé de soleil et on est repartir. Gros programme aujourd’hui. Je fini de traverser la Haute-Loire et je fais un incursion dans le Puy-de-Dôme.
Les route sont en parfait état, il n’y a presque personne, le bonheur.
J’enchaine les virages à un bon rythme toute la matinée, je m’accorde une pause pour grignoter quelques gâteaux avec des vaches qui se demande pourquoi un hurluberlu est debout de si bonne heure. Elles ont probablement raison.

Ils ne sont pas encore murs ces fromages…

Après quelques heures le paysage change complètement. Tout deviens vert et luxuriant, les courbes des montagnes sont plus abrupte et je vois mon objectif de la journée apparaitre à l’horizon.
Le Puy Mary, culminant à 1783m, est le vestige du plus grand stratovolcan d’Europe. 6,5 millions d’années au compteur, encore debout. Pendant que moi, au bout de 400 km, j’ai déjà l’impression d’avoir les rotules en plastique fondu.

L’ascention est sublime, il y a un peu plus de monde par ici mais rien qui n’empèche de prendre un plaisir fou. A ce moment les soucis de la vie quotidienne paraissent tellement loin.
Je fini par atteindre le sommet, la température à bien chuté et j’aurai presque froid ici.
C’est beau, c’est paisible, c’est vert.

Point de vue depuis le Pas de Peyrol

Je redescend en m’arretant à presque tout les restaurant mais tout est complet. Il est pourtant 13h passé et je suis seul.

Je fini par atteindre Salers, classé parmi les Plus Beaux Villages de France c’est un endroit parfait pour faire une pause. Je me balade dans les rue, admirant les maisons aux murs de pierres noire et aux toits d’ardoise.
Je trouve enfin un restaurant.
À Salers, je savoure donc un tartare de Salers avec du fromage Salers. (Oui, ici, tout s’appelle Salers. Même le vent doit s’appeler Salers.)

Je fini tranquillement ma journée et j’arrive à la limite de la Lozère à nouveau.
Un petit tour sur Park4Night me permet de trouver un super coin pour la nuit, un petit chemin menant à un bois à l’écart de l’agitation. Des tables de pique nique et un petit parcours de santé, les locaux y viennent se promener et se changer les idées.
Je discute un petit peu avec deux anciennes qui me disent que des gens viennent souvent dormir ici et s’étonnent de me voir sortir ma tente et tout mon matériel de la moto.
« Dites donc, vous en avez la dedans! », et oui, mais au moins j’ai tout le confort pour passer de bonnes nuits et recharger les batteries. Encore un peu plus de 300km aujourd’hui!

Un peu plus tard je ferai la connaissance de Yohan, musher l’hiver et baroudeur l’été. Il part tous les hivers en Suisse pour lui permettre de gagner assez d’argent pour passer le reste de l’année tranquille dans son van à profiter de la vie. Pour lui c’est inconcevable de ne pas se lever en voyant la nature.
Je partage un moment agréable avec lui et sa chienne Laïka. Elle n’est pas allée dans l’espace elle, mais elle semble parfaitement d’accord avec son style de vie. Moi aussi.
Le sol est couvert de 10 bon centimètre de mousse bien moelleuse et je m’endors l’esprit serein.

Je me lève de bonne heure, tout est calme, Laïka et Yohan dorme encore.
Un petit café puis je m’éclipse sans un bruit.

Je traverse la Truyère sous le majestueux Viaduc de Garabit-Eiffel qui domine la vallée du haut de ses 75m.

Cap au sud, on fonce droit vers Mendes pour retrouver mes chères Cévennes et les traverser histoire de finir ce weekend en beauté.
Je longe la Tarn un moment profitant de la douceur de ses gorges, je repense à notre raid canoe sur la Dordogne et me dit que ça serait super ici aussi. Puis me voilà virevoltant entre les vallées des Cévennes. J’ai vraiment de la chance de pouvoir, en quelque heures à peine, venir rouler dans de tel endroits.
Alors j’éteins mon cerveau et je profite simplement de l’instant.

A ce moment là, aucun bruit à part le ronronnement des insectes. Ça sent les fleurs d’été.

Je sors des Cévennes à Anduze et me revoilà partit pour la longue traversée, j’ai cette pensée profonde : “C’est fou comme la vie est belle quand tu roules en oubliant que ta batterie risque de mourir à ton retour.”
Spoiler : elle est morte. Mais franchement, ça valait le coup.


Je fini par arriver à Port Camargue en début d’après midi, il fait 35° contre les 10° de ce matin au réveil. Sacré choc de température !

Ah et oui… J’ai oublié d’acheter du fromage. Obligé d’y retourner. (Quelle vie difficile.)

Faire voyager

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